Parages et soins aux pieds du jeune cheval


      A l’aube du 21 ème siècle, le vieil adage « Pas de pied, pas de cheval » est toujours d’actualité : Les cavaliers, les
entraîneurs… demandent aux chevaux de plus en plus d’efforts et essaient toujours de prolonger au maximum une
carrière sportive souvent interrompue par des pathologies de la locomotion. Il est donc important de traiter le problème
dès le départ, c’est-à-dire durant toute la période d’élevage. Et même si certains éleveurs négligent l’entretien des pieds
de leur poulinière ou de leur poulain, on constate que les professionnels sont de plus en plus attentifs au parage et au soin
des pieds du jeune cheval.
Compte tenu de la complexité des aplombs (et surtout de leur incidence biomécanique) il semble nécessaire dans un
premier temps, d’aborder le problème sous un angle théorique (anatomie, aplombs corrects, principales déviations…)
de manière à pouvoir détecter d’éventuels défectuosités.
Mais afin d’effectuer les corrections nécessaires, les propriétaires, les maréchaux-ferrants et, dans les cas les plus graves,
les vétérinaires, devront former une véritable équipe pour obtenir un travail de qualité (manipulation des poulains, suivi
des parages et des ferrages …)
Bien sûr, toutes ces interventions ont un coût qu’il faudra prendre en considération lors de la vente.
Ainsi, le jeune cheval pourra débuter sa carrière dans des conditions optimum mais il faudra toujours tenter de prévenir
les pathologies liées à certaines disciplines…


                                                            Rappels anatomiques


Les pieds du cheval sont particulièrement exposés puisqu’ils supportent (sur une surface relativement faible) tout le
poids du cheval.
Les pressions exercées sur les pieds peuvent dépasser la tonne dans certaines conditions (réception d’obstacles…).
On comprend alors l’importance des aplombs afin d’éviter des surcharges ou des tiraillements.
Compte tenu de la complexité de ces aplombs, il est important de pouvoir les dissocier dans l’espace.
Les mauvais aplombs, ou plus exactement les déviations des rayons osseux sont donc classés selon trois plans.


                                                                     Voir Schéma A
Mais avant de pouvoir évaluer les déviations, encore faut-il connaître le cheval aux aplombs parfaits. Afin de mieux
comprendre l’influence des aplombs dans les contraintes articulaires et tendineuses, il me semble important de rappeler
quelques notions d’anatomie et de biomécanique.

A l’intérieur de la boite cornée, on distingue trois os :
La troisième phalange (os du pied ou phalange distale), une partie de la deuxième phalange (os de la couronne ou
phalange moyenne) et l’os naviculaire (petit sesamoïde). Tous ces os sont reliés entre eux par un système ligamentaire
important (ligaments collatéraux, ligaments annulaires…). Ainsi, lorsqu’il y a des défauts d’aplombs, certains ligaments
sont hypertendus et d’autres hyperlaxes.

Enfin, deux tendons se rattachent sur l’os du pied (P3). Il s’agit du tendon extenseur dorsal (au niveau du processus
extensorus) et du tendon fléchisseur profond (se rattachant sous P3). Pour diverses raisons on peut par exemple
observer un rétrécissement de ce dernier (le perforant) entraînant ainsi un pied « bot ».

La croissance du poulain s’effectue surtout lors de sa première année. L’allongement des os longs par l’intermédiaire
des plaques de croissance (cartilage de conjugaison ou cartilage épiphysaire) permet au poulain de grandir
normalement et progressivement.

Toutefois si les pressions exercées sur les articulations sont trop importantes ou même trop faibles, il y a alors un
disfonctionnement des cartilages épiphysaires : les défauts d’aplombs s’accentuent et la situation peut devenir
catastrophique.

Cette approche rapide de l’anatomie et des aplombs permet de situer la difficulté des problèmes. Il est donc capital
de faire appel à de vrais professionnels pour corriger ou simplement entretenir les pieds des jeunes chevaux.
                                            Intervention du maréchal-ferrant


Mais quand le maréchal-ferrant doit-il intervenir ? La réponse est simple : le plus tôt possible. Il faudra donc intervenir
en premier lieu sur les poulinières : en effet, des pieds trop longs ou en mauvais état entraînent un handicap pour leurs
déplacements. Ainsi, des carences alimentaires apparaissent et peuvent nuire à leur bonne santé, et par voie de
conséquence au bon développement du poulain.
Dès la naissance du foal, il faudra observer les aplombs et la locomotion. Attention à ne pas paniquer : certains foals
naissent avec de très mauvais aplombs (mauvaise position fœtal) mais dans la plupart des cas, ces défauts se corrigent
d’eux-mêmes très rapidement (hyperlaxité tendineuse…). Et, s’il subsiste quelque défectuosité, le maréchal-ferrant
pourra toujours tenter d’y remédier si l’intervention est effectuée avant que les cartilages de croissance se ferment.
Si le défaut d’aplomb se situe plutôt sur une partie proximale du membre (haut du membre : genou, jarret…),
l’intervention du maréchal-ferrant ne pourra pas être efficace (le vétérinaire pourra y remédier grâce à certaines
médications ou chirurgies). Toutefois lorsque les problèmes se posent au niveau des articulations interphalangiennes
(articulations du pied…), l’action du maréchal sera particulièrement importante et permettra dans bien des cas de
« redresser » le foal.
Il est d’ailleurs possible de ferrer ou plus exactement de coller des « fers » sur les pieds des foals dans les cas extrêmes.
Les « fers » à coller sont d’autant plus efficaces qu’ils peuvent être posés très tôt (même si la paroi est très fine : foal,
pur-sang).
                                                              Soins des pieds

Lorsque le poulain atteint l’âge d’un an, les parages pourront s’effectuer toutes les 6 à 8 semaines (+ ou - souvent selon
les individus…). Ce qui, par exemple, permettra d’éviter l’apparition de seime…
L’entretien des pieds ne se limite pas à l’intervention du maréchal-ferrant. L’éleveur devra aussi régulièrement curer les
pieds et les graisser. En ce qui concerne la fréquence du graissage et la nature des onguents, les avis sont très partagés.
Mais il est certain qu’un cheval au boxe nécessitera plus d’entretien (au niveau des pieds) qu’un cheval en pâture. Le
graissage des pieds permet aussi de manipuler le cheval, et détecter d’éventuelles atteintes ou problèmes.
Pour les pieds très secs, on préfèrera un onguent blond à base d’huile de laurier (pour les parois). Par contre, certains
poulains (et particulièrement en Normandie) ont les pieds plats, c’est à dire, une sole très peu concave et très faible. On
pourra dans ce cas employer du goudron de Norvège afin de la durcir.
Parfois, lorsque les poulains (1 an) ont des pieds très sensibles, il est utile et même indispensable de les ferrer des antérieurs
(pour des raisons évidentes de sécurité, le ferrage des postérieurs est à proscrire en élevage !). Toutefois, il faut savoir que
les premières ferrures doivent s’effectuer le plus tard possible, lorsque cela est nécessaire.
Les jeunes chevaux sont donc très souvent ferrés pendant le débourrage (18 mois chez les trotteurs, trois ans chez les
Selle Français)
Si les poulains ont été correctement suivis et manipulés, les premières ferrures se déroulent dans le calme et relativement
rapidement (ferrage uniquement des antérieurs : les jeunes chevaux sont peu patients.)
Enfin l’éleveur se doit d’anticiper les éventuels problèmes pouvant se présenter durant l’élevage : il faudra éviter les
barbelés, les cailloux (silex), risquant de provoquer des abcès de pieds à répétition. D’ailleurs, est-il nécessaire de rappeler
que les poulains doivent être vaccinés contre le tétanos dès la naissance. Le suivi des parages permettra aussi de détecter
d’éventuels seimes, fourmilières…


                                                       Approche économique

Mais toutes ces interventions ont un véritable coût.
Le prix du parage se situe entre 20 et 30 € HT : après deux ou trois ans d’élevage, le poulain qui a été régulièrement
entretenu, a déjà nécessité (rien qu’en maréchalerie !) un véritable investissement. Et même si la facture peut paraître élevée,
ces parages s’avèrent nécessaires puisqu’ils sont garants de la qualité : qualité des aplombs, qualité de la locomotion…
Pour le vendeur, c’est un argument de vente à ne pas négliger. Enfin, cet investissement pourra être rentabilisé à long terme :
les chevaux régulièrement suivis sont mieux notés en modèles et allures, sont sélectionnés pour les ventes aux enchères… Il
faut aussi souligner que les chevaux ont des carrières sportives prolongés, ce qui, au cours des années permet de mettre un
élevage en valeur.
L’importance du parage n’est plus à démontrer et il faut essayer de sensibiliser les éleveurs. Le maréchal-ferrant pourra
effectivement « optimiser » (à court, moyen et long terme) la locomotion du jeune cheval. Toutefois, pour obtenir un parage
ou un ferrage de qualité, la préparation des poulains (manipulation) est primordiale. Les interventions sont délicates et
techniques, c’est pourquoi éleveurs, palefreniers, vétérinaires et maréchaux-ferrants doivent former une véritable équipe afin
de satisfaire le bien-être du cheval…
Enfin n’oublions pas qu’un cheval n’a de valeur qu’en fonction du bon ou du mauvais état de ses membres et de ses pieds !
Parages et soins aux pieds du jeune cheval


A l’aube du 21 ème siècle, le vieil adage « Pas de pied, pas de cheval » est toujours d’actualité : Les cavaliers, les
entraîneurs… demandent aux chevaux de plus en plus d’efforts et essaient toujours de prolonger au maximum une
carrière sportive souvent interrompue par des pathologies de la locomotion. Il est donc important de traiter le problème
dès le départ, c’est-à-dire durant toute la période d’élevage. Et même si certains éleveurs négligent l’entretien des pieds
de leur poulinière ou de leur poulain, on constate que les professionnels sont de plus en plus attentifs au parage et au soin
des pieds du jeune cheval.

Compte tenu de la complexité des aplombs (et surtout de leur incidence biomécanique) il semble nécessaire dans un
premier temps, d’aborder le problème sous un angle théorique (anatomie, aplombs corrects, principales déviations…)
de manière à pouvoir détecter d’éventuels défectuosités.

Mais afin d’effectuer les corrections nécessaires, les propriétaires, les maréchaux-ferrants et, dans les cas les plus graves,
les vétérinaires, devront former une véritable équipe pour obtenir un travail de qualité (manipulation des poulains, suivi
des parages et des ferrages …)Bien sûr, toutes ces interventions ont un véritable coût qu’il faudra prendre en
considération lors de la vente. Ainsi, le jeune cheval pourra débuter sa carrière dans des conditions optimum mais il
faudra toujours tenter de prévenir les pathologies liées à certaines disciplines…


                                                              Rappels anatomiques

Les pieds du cheval sont particulièrement exposés puisqu’ils supportent (sur une surface relativement faible) tout le poids
du cheval.
Les pressions exercées sur les pieds peuvent dépasser la tonne dans certaines conditions (réception d’obstacles…).
On comprend alors l’importance des aplombs afin d’éviter des surcharges ou des tiraillements.
Compte tenu de la complexité de ces aplombs, il est important de pouvoir les dissocier dans l’espace.
Les mauvais aplombs, ou plus exactement les déviations des rayons osseux sont donc classés selon trois plans.