LE PIED BIEN FERRE
Adapté et réalisé par
l'Union Française des Maréchaux ferrants (U.F.M)
avec l'aimable autorisation de la Worshipful Company of Farriers
37 The Uplands - Loughton - Essex IG 10 1 NQ
Tél. 081 508 6242


…est le fruit de la coopération entre : le maréchal, le propriétaire, et... le cheval.

LE MARÉCHAL apporte au travail la dextérité et la connaissance de son art dont il aura acquis la
maîtrise au cours de plusieurs années "d'apprentissage" et d'expérience, et sait, le cas échéant,
préconiser au propriétaire la ferrure préventive ou curative la plus adaptée.

LE PROPRIETAIRE peut aider le maréchal à exercer, au mieux, son art:
- en prenant des rendez-vous réguliers pour le ferrage ou le parage de son protégé;
- en signalant judicieusement au maréchal, les améliorations complémentaires ou accessoires, qui lui
semblent nécessaires au cheval;
- en mettant à la disposition du maréchal un emplacement propre, bien éclairé, couvert si possible et
disposant d'un sol stable et d'aplomb;
- en arrivant à l'heure à ses rendez-vous à la forge;
- en veillant à domicile, à ce que le cheval soit prêt, les membres et les pieds propres, avant l'arrivée
du maréchal.

LE CHEVAL sera mieux à même de "coopérer" si habitué à être tenu, il sait rester tranquille le temps
que ses pieds soient levés, parés et ferrés. Une nourriture appropriée et un entretien régulier des pieds
(curetage et graissage si nécessaire) contribuent au développement d'une corne saine facilitant la
qualité du ferrage.
Sur la base d'une telle coopération entre le maréchal, le propriétaire et le cheval, le meilleur service de
maréchalerie possible pourra être rendu, dans l'intérêt du cheval, de son confort, de son bien-être et de
la pérennité de ses qualités au service de l'homme.


LA BONNE FERRURE

Sachant que les chevaux et les poneys peuvent être de toutes tailles et morphologies, les fers et les
ferrures devront varier et s'adapter au type du cheval et à son activité. En tous cas, l'exercice d'une
bonne maréchalerie réclame quelques exigences de base:

1. Le cheval doit pouvoir se déplacer librement, naturellement et confortablement une fois ferré.
Une bonne ferrure tient compte de l'aplomb de chaque membre de l'animal (chaque cheval étant
différent, à chacun sa locomotion).

2. Le sabot est conçu pour offrir au cheval une base solide, protectrice, non glissante, capable
d'absorber les chocs sans l'aide d'une protection métallique. Quel que soit le fer utilisé, le maréchal
cherchera à interférer au minimum avec la fonction naturelle du pied et à prévenir toute altération de
l'axe paturon/pied.

3. Parce que le fer empêche l'usure du pied, le maréchal parera la corne au degré voulu pour une
répartition optimale du poids sur tout le pied. La paroi devra être parée selon une forme la plus naturelle
possible, en ligne droite, de la couronne au bord plantaire, sans évasement ni râpage pariétal excessif.
Le fer, choisi d'un poids et d'une pointure correspondant au cheval et à son activité, devra être ajusté
d'aplomb avec des étampures propres réparties de la pince au quartier. Le fer devra être tourné pour
s'adapter au pied de façon adéquate, le pinçon incrusté dans la paroi jusqu'à affleurement.

4. Le fer devra être suffisamment long pour offrir un bon support aux talons et ne pas risquer de diminuer
la surface d'appui.

5. Le fer ajusté devra apparaître comme la continuité d'un pied bien préparé et d'aplomb, sans défaut
d'adhésion. Les clous brochés dans une paroi saine devront ressortir à un tiers de la hauteur du sabot et
devront être retournés sous forme de rivets solides et bien incrustés dans la paroi. La taille des clous
devra correspondre à celle des étampures de façon à ce que les têtes soient à niveau avec la surface
du fer.

EN RÉSUMÉ, un cheval bien ferré se caractérise par:
·  des fers d'un poids et d'une pointure corrects, bien ajustés au pied;
·  des pieds d'aplomb avec un bon alignement du membre pour une bonne locomotion;
- le maintien d'une surface d'appui suffisante;
- des rivets alignés, solides et affleurant à la surface du sabot.



et, point important pour finir, un propriétaire conscient que l'entretien des pieds est aussi de sa
responsabilité quotidienne.


LE FER ADAPTE AU TRAVAIL

Pour une adhérence et une sécurité optimales, les chevaux qui travaillent à des allures rapides sur herbe
ou sol meuble (par exemple les chevaux de chasse, de complet ou de polo) se trouveront souvent mieux
avec des fers antidérapants, sans garniture excessive et de longueur adéquate.

Les chevaux qui font un travail plus lent pourront être ferrés de façon efficace avec des fers plus couverts
et une bonne garniture des quartiers aux talons.

Les pieds de tout cheval qui travaille nécessitent une attention régulière et une ferrure renouvelée
généralement toutes les 4 à 8 semaines selon son activité.

Quand un cheval est ferré, les fers doivent être ôtés et les pieds parés régulièrement même
si les fers n'ont pas été usés.


LA LEGISLATION, LE MARECHAL, ET VOUS

Le maréchal-ferrant qui exerce à son compte, doit être immatriculé à la Chambre de Métiers,
CE QUI GARANTIT SA RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE.

La profession a obtenu du législateur la mise en place de conditions à l'installation. La loi n'96-603 du
05 juillet 1996 impose l'obtention du CAPA pour l'exercice de la profession de maréchal ferrant en tan
t que travailleur indépendant inscrit dans une Chambre des métiers.
Les différents diplômes sont:
- C.A.P.A: Certificat d'Aptitude Professionnelle Agricole

- B.E.P.A: Brevet d'Enseignement Professionnel Agricole

- B.T.M: Brevet Technique des Métiers (niveau 4).
Ces diplômes, son expérience professionnelle et sa notoriété permettent au maréchal-ferrant de se
prévaloir selon les cas de la qualité d'artisan ou du titre de maître d'artisan.

Par ailleurs, le Maréchal peut continuer sa formation par la voie des stages en formation continue qui lui
sont proposés. Ces stages sont mis en place par l'A.D.F.A.R. et l'U.F.M et sont ouverts à tous les
maréchaux-ferrants immatriculés au répertoire des Métiers et titulaires du titre d'artisan.
Le propriétaire qui fait intervenir un Maréchal non immatriculé court le risque de faire ferrer son cheval sans aucune garantie professionnelle et sans recours possible en cas de malfaçons, ce qui signifie souvent souffrances et indisponibilité de son protégé. De plus, ce propriétaire peut être, selon les circonstances, tenu solidairement avec le travailleur clandestin auquel il aura fait appel, au paiement des impôts, taxes, cotisations, charges, etc. non assumés par ce dernier du fait, notamment, de sa non-immatriculation en Chambre de Métiers. (Articles L 324.9 et suivant du Code du Travail).